CTN 276 : Le projet SPOT
L'entretien motivationnel en conjonction avec le dépistage rapide du VIH
À propos de l'étude
Cette étude visait à évaluer une approche de counseling par entrevue motivationnelle (EM) par rapport à un counseling standard (CS) sur l'occurrence et les causes des relations sexuelles anales non protégées (RSNP) chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HRSH) à Montréal. Sur la base des observations des phases précédentes de l'étude, l'hypothèse principale était que les rapports sexuels anaux non protégés diminueraient de 15 % pour les participants du groupe MI et de 8 % pour les participants du groupe SC.
Contexte
Au Canada, les taux de VIH restent élevés chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HSH). On estime que 45,1 % de la population adulte vivant avec le VIH appartient à ce groupe. Plus précisément, au Québec, les HSH représentaient 64,8 % des nouveaux diagnostics de VIH en 2009 ; parmi eux, 37,2 % n'avaient pas été testés auparavant. Au cours de la dernière décennie, on a observé une augmentation des rapports sexuels non protégés chez les HSH, fondés sur de fausses suppositions quant à leur propre statut sérologique ou à celui d'un partenaire. Pour relever ces défis, le dépistage du VIH peut constituer une stratégie de prévention majeure. En outre, le dépistage offre une excellente occasion de fournir des conseils personnalisés et d'explorer les pratiques préventives et les habitudes de dépistage. Depuis juillet 2009, le projet SPOT combine plusieurs de ces stratégies de manière originale afin d'accroître l'accès au dépistage et de réduire les nouvelles infections chez les HSH.
Approche de l'étude
Cette étude s'est déroulée sur le site communautaire SPOTs à Montréal. Les participants qui se sont présentés au site pour un test de dépistage du VIH ont reçu des conseils et ont rempli un questionnaire.
Résultats
Le protocole de l'étude a été modifié pour se concentrer sur les stratégies de réduction des risques chez les HSH. Les résultats ont montré que si les participants à l'étude ont déclaré utiliser des préservatifs dans une certaine mesure avec des partenaires séropositifs et des partenaires dont le statut sérologique est inconnu, ils ont également déclaré avoir recours à diverses autres stratégies telles que l'adaptation au statut sérologique et à la charge virale présumés ou connus d'un partenaire, l'évitement de certains types de partenaires, la prise de PEP et la réalisation d'un test de dépistage du VIH. Ces résultats suggèrent que les HSH qui utilisent moins systématiquement le préservatif ne prennent pas nécessairement moins de précautions, mais peuvent plutôt combiner ou remplacer l'utilisation du préservatif par d'autres approches de réduction des risques.
Conclusion
Pour réduire la transmission du VIH, il est nécessaire de mettre en place une prévention combinée du VIH au niveau communautaire et individuel afin de faciliter l'accès à une série d'options de prévention et leur intégration dans les différentes activités sexuelles.
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