Le visage humain des données
Au cours de mes études supérieures au département de microbiologie médicale et de maladies infectieuses de l’Université du Manitoba, j’ai eu l’occasion unique de collaborer avec deux groupes communautaires très différents. Le premier, Sunshine House à Winnipeg, au Manitoba, se consacre à l’accompagnement des personnes vivant dans la rue. Le second, les cliniques communautaires Baba Dogo et Pumwani à Nairobi, au Kenya, recourt à des actions de sensibilisation par les pairs et à des essais cliniques pour prévenir VIH nouvelles VIH et comprendre la dynamique du VIH la communauté. Ces deux initiatives soutiennent des priorités définies par la communauté elle-même. Mon expérience de travail auprès de ces deux communautés m’a conforté dans l’importance de la diversité des points de vue dans la recherche et dans la définition des priorités de recherche.
Grâce aux relations que j'ai nouées avec Sunshine House et les membres des communautés de Baba Dogo et de Pumwani, j'ai grandi en tant que scientifique, et les personnes que j'ai rencontrées ont influencé ma façon de voir les données et d'interpréter les résultats. Elles m'ont appris à apprécier les voix humaines qui se cachent derrière chaque point de données et à considérer les données dans le contexte plus large de la réalité vécue et de l'expérience d'une personne. Ces interactions m'ont encouragée à sortir des sentiers battus lorsque j'interprète les résultats et à remettre en question toute idée préconçue concernant la santé, le bien-être ou les facteurs de risque d'une personne. Je pense que mes interactions avec la communauté m'ont permis de devenir un meilleur scientifique, ainsi qu'un individu plus compréhensif et plus équilibré.
Ces expériences ont joué un rôle déterminant dans la définition de mes objectifs professionnels futurs et expliquent pourquoi j'ai été attirée par le groupe au sein duquel je travaille actuellement dans le cadre de mon post-doctorat, où j'étudie les inégalités de santé majeures auxquelles sont confrontées les femmes vivant avec VIH.
Mon projet postdoctoral : Comprendre les expériences liées au vieillissement chez les femmes vivant avec VIH
À l’échelle mondiale, plus de la moitié (53 %) des personnes vivant avec VIH des femmes et des filles. Pourtant, malgré des traitements efficaces qui ont permis d’augmenter l’espérance de vie, les femmes vivant avec VIH Canada ont une espérance de vie inférieure de sept ans à celle des hommes vivant avec VIH de cinq à dix ans à celle des femmes non VIH. Les femmes vivant avec VIH être touchées de manière disproportionnée par des pathologies liées à l’âge. Bien que les raisons de ce phénomène restent floues, les femmes vivant avec VIH à connaître une baisse de leurs taux d’hormones sexuelles plus tôt dans leur vie. Étant donné que ces hormones ont un effet protecteur sur la santé, des taux plus faibles peuvent contribuer à l’apparition plus précoce et à un risque accru de pathologies concomitantes. Lutter contre cette inégalité en matière de santé et comprendre les expériences liées au vieillissement des femmes vivant avec VIH des priorités de recherche identifiées par les femmes vivant avec VIH nous avons consultées et avec lesquelles nous continuons de travailler dans le cadre de notre étude.
La collaboration CARMA-CHIWOS de Colombie-Britannique est une étude de recherche communautaire axée sur la santé des femmes tout au long de leur vie, menée depuis la clinique Oak Tree et l’Université de Colombie-Britannique à Vancouver. Financée par les IRSC, cette étude intègre deux cohortes de recherche canadiennes bien établies composées de femmes vivant avec VIH, CARMA (Childrenand Women:AntiRetroviraltherapy and Markersof Aging) et CHIWOS (Canadian HIV WOmen’sSexual and Reproductive Health Cohort Study), dans le cadre d’une approche holistique allant de la cellule à la société. Elle s’appuie sur des échantillons biologiques, des données cliniques et collecte de données exhaustive collecte de données sur les déterminants psychosociaux de la santé collecte de données aborder des questions clés concernant la santé des femmes vivant avec VIH n’aurait pas pu être réalisé ailleurs. Ce projet est codirigé par plusieurs chercheuses exceptionnelles, dont mes directrices de thèse, les docteurs Melanie Murray et Hélène Côté, que j’ai rencontrées lors de la SIDA internationale SIDA à Montréal en 2022.
Comprendre les disparités en matière de santé entre les femmes vivant avec VIH celles qui VIH sont pas atteintes VIH les raisons biologiques sous-jacentes, est l’un des objectifs de mon projet de bourse postdoctorale du CTN intitulé «L’effet des hormones sur le vieillissement cellulaire et les comorbidités chez les femmes vivant avec VIH ». L’objectif principal est de comprendre les effets VIHsur les hormones sexuelles, l’inflammation et le vieillissement cellulaire, ainsi que les liens potentiels avec des pathologies concomitantes. Les hormones sexuelles jouent un rôle important dans la régulation de nombreux processus physiologiques, notamment la fonction immunitaire, l’inflammation et le vieillissement cellulaire ; cependant, ces liens restent largement inexplorés, en particulier dans le contexte du VIH. Mon projet examinera comment des hormones clés — l’estradiol, l’estrone, la progestérone, le cortisol et la testostérone — sont associées aux marqueurs du vieillissement cellulaire, à la capacité des cellules immunitaires à répondre aux hormones, aux marqueurs de l’inflammation et aux maladies liées à l’âge chez les femmes. En s’appuyant sur une approche « big data » combinant des données biologiques, cliniques et sociales, ce projet permettra de mieux comprendre les impacts biologiques des perturbations hormonales chez les femmes vivant avec VIH VIH, d’approfondir la compréhension du vieillissement chez VIH femmes et d’identifier des pistes pour améliorer leur prise en charge.
Perspectives d'avenir
Mes objectifs professionnels à long terme sont doubles. Premièrement, travailler main dans la main avec des partenaires communautaires pour améliorer les soins et les résultats pour les patients. Les neuf dernières années d'engagement auprès de diverses communautés ont montré très clairement que la recherche qui implique la communauté à tous les stades génère des résultats plus significatifs et favorise les applications dans le monde réel en répondant directement à des questions importantes pour la communauté. Mon deuxième objectif professionnel à long terme est d'utiliser des approches de type "big data" pour comprendre les relations complexes entre le système immunitaire, les données socio-démographiques et les résultats en matière de santé.
Mon parcours dans VIH a été marqué par les enseignements inestimables tirés de l'engagement communautaire et de la quête de l'équité en matière de santé. Pour l'avenir, je m'engage à apporter une contribution significative aux soins prodigués aux patients et à l'avancement des connaissances scientifiques.
Pour en savoir plus sur lacollaboration BCC3 CARMA-CHIWOS, rendez-vous sur hivhearme.ca ou sur Twitter/Facebook.




