L'énigme des effets du VIH sur le vieillissement

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CTN Communications

Cet article a été initialement rédigé et publié par le Centre d'excellence en matière de VIH/sida de la Colombie-Britannique.

Nous sommes entrés dans une nouvelle ère de la recherche et du traitement du VIH. Nous n'avons jamais autant connu la virologie du VIH. Nous disposons également d'un éventail de thérapies antirétrovirales très efficaces qui suppriment le VIH à des niveaux indétectables, tout en prolongeant l'espérance de vie des personnes séropositives à un niveau proche de celui de la population générale.

Il s'agit là de signes de progrès significatifs ; toutefois, l'héritage de l'apogée de l'épidémie de VIH subsiste aujourd'hui sous la forme d'un autre défi complexe et multiforme en matière de soins de santé.

L'âge moyen d'une personne vivant avec le VIH au Canada est aujourd'hui supérieur à 50 ans et devrait dépasser 65 ans au cours des dix prochaines années. Bien qu'il s'agisse d'une indication positive de l'impact de la thérapie antirétrovirale hautement active (HAART) et du Traitement comme prévention® dans la réduction significative des nouveaux cas de VIH, cette population vieillissante présente des maladies liées à l'âge plus tôt et plus fréquemment que la population générale. Il s'agit notamment de maladies cardiovasculaires et métaboliques, ainsi que de troubles cognitifs et de fragilité. Les raisons de ce phénomène sont peu connues.

Le BC Centre for Excellence in HIV/AIDS (BC-CfE) joue un rôle actif dans la recherche visant à mieux comprendre les défis physiologiques et psychosociaux propres à cette population. Au cours des dix dernières années, les chercheurs du BC-CfE ont participé à une série d'études à long terme visant à examiner de plus près le mode de vie et les facteurs de santé associés au vieillissement avec le VIH.

Positive Brain Health Now est l'une de ces études. Depuis 2013, le BC-CfE participe à cette étude à long terme financée par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) avec le soutien du Réseau canadien pour les essais VIH (RCEV).

Dirigés par des chercheurs de l'Université McGill, les chercheurs de Positive Brain Health Now s'efforcent de mieux comprendre les facteurs de " santé cérébrale " liés au VIH et leur impact sur les résultats des patients. Cela comprend les processus cognitifs généraux tels que la concentration et la mémoire, la santé mentale et la qualité de vie. En suivant attentivement 856 adultes vivant avec le VIH au fil du temps, les chercheurs espèrent comprendre les facteurs de risque associés au déclin de la santé cérébrale.

Si les personnes vivant avec le VIH peuvent présenter des taux plus élevés de déficience cognitive, elles sont également plus susceptibles de montrer des signes physiques de vieillissement plus tôt que la population générale. À l'automne 2019, le BC-CfE s'est joint à l'étude CHANGE HIV des IRSC-CTN, qui étudie la fragilité et d'autres conditions liées au vieillissement chez les Canadiens de plus de 65 ans vivant avec le VIH. Le terme de fragilité est courant en médecine gériatrique et est utilisé comme marqueur du bien-être physique.

Silvia Guillemi, directrice de la formation clinique au BC-CfE, a déclaré à propos de cette étude : "De nombreuses études portent sur le vieillissement, mais elles suivent généralement des populations plus jeunes au fur et à mesure qu'elles vieillissent. Avec l'étude CHANGE, nous nous intéressons dès le départ à une population plus âgée et nous suivons ses progrès sur cinq ans en examinant divers aspects de sa vie, notamment ses niveaux d'activité physique et ses traumatismes".

Les soins et le soutien reçus à domicile par les personnes âgées séropositives peuvent également avoir un impact sur leur état de santé général. THRIVE, une étude basée au BC-CfE, explore les expériences d'accès aux soutiens à domicile et communautaires en Colombie-Britannique pour les personnes âgées de 50 ans et plus. Grâce à des entretiens qualitatifs, les chercheurs cherchent à comprendre comment cette population navigue dans le système de soins à domicile et en milieu communautaire. En utilisant de nouveaux entretiens de "cartographie de l'accès aux services", cette étude documentera également les expériences quotidiennes de cette population - de l'endroit où ils remplissent leurs ordonnances à l'endroit où ils obtiennent de la nourriture. Les récits des participants aideront les chercheurs à comprendre comment les changements dans les priorités de financement ont eu un impact sur l'accessibilité et la nature de ces soins.

Le Dr Marianne Harris est médecin de recherche clinique au BC-CfE. S'exprimant sur l'importance des études sur le vieillissement dans la recherche sur le VIH, elle a déclaré : "Les personnes vivant avec le VIH atteignent aujourd'hui la cinquantaine, la soixantaine, les 70 ans et plus, grâce au succès de la thérapie antirétrovirale moderne. Elles sont maintenant confrontées à une nouvelle série de problèmes qui affectent leur qualité de vie, notamment la perte de mémoire, la faiblesse musculaire, les problèmes respiratoires, etc. Ils se demandent si c'est une conséquence du VIH ou si c'est le vieillissement naturel, et ce qu'ils peuvent faire pour y remédier.

"La meilleure façon de répondre à ces questions est d'étudier un groupe important et diversifié de personnes vivant avec le VIH au fil du temps et d'examiner comment les effets du vieillissement peuvent être influencés par différentes interventions et modifications du mode de vie. Il est important que les personnes vivant avec le VIH participent activement à cette recherche afin de partager leurs expériences et de nous aider à mieux comprendre ce qui est le plus important pour elles", a expliqué le Dr Harris.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, 37,9 millions de personnes vivaient avec le VIH/sida dans le monde en 2018. Alors que la recherche curative continue d'évoluer, nous devons veiller à ce que les personnes vivant avec le VIH, quel que soit leur âge, soient responsabilisées et dotées des connaissances nécessaires pour rester en bonne santé et se sentir bien.

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