CTN 131 : ddI, d4T et DMP avec ou sans Hydroxyurée (étude 3D)
Étude randomisée contrôlée par placebo de la sécurité et de l'efficacité de l'éfavirenz (DMP), de la didanosine et de la stavudine en association avec ou sans hydroxyurée chez des patients infectés par le VIH, naïfs ou expérimentés en matière d'antirétroviraux :
À propos de l'étude
Évaluer le bénéfice de l'ajout de l'hydroxyurée (HU) à la combinaison ddI/d4T/efavirenz en termes de réduction de la charge virale. Déterminer si une expérience antérieure avec des analogues nucléosidiques (AZT, ddC, 3TC) avec ou sans inhibiteur de protéase limite la réponse aux combinaisons étudiées.
Contexte
Il s'agit d'un essai randomisé, contrôlé par placebo, comparant l'éfavirenz, la ddI et la d4T, plus l'hydroxyurée (régime 3D) à l'éfavirenz, la ddI et la d4T plus l'hydroxyurée (régime 3D+). Les personnes infectées par le VIH ayant un taux de CD4 supérieur à 100 cellules/mm3 et une charge virale supérieure à 500 copies/ml, naïves ou expérimentées en matière de traitement antirétroviral, mais n'ayant jamais reçu de traitement à l'hydroxyurée ou aux INNTI et ayant moins de douze semaines d'expérience avec la ddI et/ou la d4T, étaient éligibles pour l'étude. L'hydroxyurée a été ajoutée à la combinaison de médicaments après huit semaines de traitement et a été initialement dosée à 600 mg deux fois par jour. Le protocole a été modifié en novembre 1999, réduisant la dose d'hydroxyurée à un total de 900 mg par jour.
Population de l'étude
Quatre-vingt-dix-neuf volontaires naïfs ayant une charge virale médiane de 46 150 copies/ml et un taux de CD4 de 372 cellules/mm3, et 48 volontaires ayant déjà reçu un traitement ayant une charge virale médiane de 6 826 copies/ml et un taux de CD4 de 341 cellules/mm3 ont été enrôlés. Les participants ayant déjà été traités avaient déjà reçu des INTI (63%) ou des INTI + IP (37%).
Résultats
Après avoir évalué les données à 24 semaines, un comité indépendant de surveillance de la sécurité des données a décidé de fermer le groupe hydroxyurée (environ 80 % des patients avaient déjà terminé l'étude). Cette décision a été motivée par des taux d'abandon élevés dus à des toxicités chez les patients recevant de l'hydroxyurée, principalement une neuropathie périphérique. Les participants ont été suivis pendant 48 semaines. Dans le groupe naïf, le taux d'échec confirmé ou d'abandon était plus élevé dans le groupe HU, principalement en raison des taux élevés de toxicité. En revanche, dans le groupe expérimenté, le taux d'échec/d'abandon était plus élevé dans le groupe placebo, principalement en raison de taux plus élevés d'échec du traitement. Une tendance à l'augmentation de l'exposition à l'éfavirenz a été observée chez les participants traités par HU. Aucune autre interaction médicamenteuse significative n'a été observée.
Conclusions
Chez les participants commençant un traitement HAART, l'HU n'a apporté aucun avantage antiviral par rapport au traitement HAART seul et s'est avéré nettement plus toxique. Chez les participants ayant déjà reçu un traitement, les personnes traitées par l'HU ont obtenu de meilleurs résultats virologiques malgré des taux de toxicité plus élevés, ce qui suggère que l'HU pourrait jouer un rôle dans le traitement de rattrapage, peut-être à des doses plus faibles. Les combinaisons utilisées dans cette étude n'ont pas d'effet notable sur la pharmacocinétique de l'HU ou des autres médicaments antiviraux utilisés dans l'étude.
Note : Ces résultats sont tirés d'un résumé présenté lors de la 8e conférence européenne sur les aspects cliniques et le traitement de l'infection par le VIH, Athènes, 28-31 octobre 2001.


